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Institut médico-légal

Brouillard au pont de Tolbiac est un des romans où Léo Malet a mis, à travers Nestor Burma, le plus de lui-même et de sa jeunessse. Livré à ses souvenirs des milieux anarchistes, le détective de choc se lance en compagnie d’une jeune et belle Gitane à la recherche de l'assassin d'un chiffonnier connu il y a bien longtemps. Enquête où la nostalgie n’est jamais absente, c'est l’un des romans les plus sombres de Malet.

Retrouver le décor de Brouillard au pont de Tolbiac tient de la gageure du fait des transformations qu’a connues le treizième arrondissement depuis la construction de la Bibliothèque François Mitterrand dans les années 90. Un quartier neuf en bord de Seine qui accueille aujourd’hui universités, logements et commerces.

Le roman débute à la gare d’Austerlitz alors que Burma se trouve dans un wagon de la ligne 5 du métropolitain entrant sous la verrière que soutiennent des structures métalliques héritées d’Eiffel. Le détective empruntera plusieurs fois cette ligne, qui s’élance au dessus de la Seine avant une longue courbe, comme si le métro ralentissait pour mieux faire admirer les briques rouges de l’Institut médico-légal. L’hôpital de la Salpêtrière, où il se rend ensuite pour identifier le corps de son ancien compagnon anarchiste Abel Benoit, n’est pas très loin.

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Après avoir emprunté les escaliers reliant la rue du Chevaleret à la rue de Tolbiac, Burma retrouve un des lieux de sa jeunesse, le foyer de l’Armée du Salut de la rue Cantagrel construit par Le Corbusier en 1932, rouvert début 2016 après rénovation. Au bout de la rue du Loiret, la gare de Petite Ceinture est en bien triste état et la rue Watt, qui passe sous les voies du chemin de fer pour rejoindre ce qui fut le quai de la gare (aujourd’hui quai Panhard et Levassor), n’est plus qu’un tunnel anonyme depuis qu’immeubles de bureaux et aménagements urbains ont remplacé l’habitat populaire.

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Brouillard au pont de Tolbiac se termine en bord de Seine, entre le viaduc d’Austerlitz, qui n’a pas changé même si les voitures de la ligne 5 sont moins brinquebalantes, et le Pont de Tolbiac qui a lui perdu sa structure métallique en 1994. Dans cet environnement méconnaissable, il ne reste que le roman de Malet et les dessins de Tardi pour retrouver un peu de l’ambiance des années 50.

Le pont de Tolbiac tel qu'il était à l'époque de Malet.© Jacques Tardi et Casterman

Le pont de Tolbiac tel qu'il était à l'époque de Malet.© Jacques Tardi et Casterman

Pont d'Austerlitz

Pont d'Austerlitz

Evocation d’un treizième arrondissement devenu aussi mythique que Babylone ou Samarkand, l’évocation d’une ville morte dont on ne reconnait plus le cadavre atrocement mutilé par les promoteurs immobiliers qui lui avaient ôté la vie.

Francis Lacassin – Sous le masque de Léo Malet, Nestor Burma, L’enragé, 1993

C’est un sale quartier, un foutu coin, il ressemble aux autres, comme ça, et il a bien changé depuis mon temps, on dirait que ça c’est amélioré, mais c’est son climat. Pas partout, mais dans certaines rues, certains endroits, on y respire un sale air. Fous-en le camp, Belita. Vas bazarder tes fleurs où tu voudras, mais fous le camp de ce coin. Il te broiera, comme il en a broyé d’autres. Ca pue trop la misère, la merde et le malheur.

Léo Malet - Brouillard au Pont de Tolbiac © Fleuve noir

Tag(s) : #Détectives, #Paris, #Nestor Burma, #Gares, #Best of!, #Scènes de crime

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