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Sans mauvais jeux de mots, Bijoux de famille (The jewel that was ours) est un joyau! Un des tous meilleurs romans de Colin Dexter qui met en scène des Américains bien typés, presque caricaturaux, et a priori fort tranquilles, en voyage touristique et culturel en Angleterre avec étape obligée à Oxford. La dessus se greffe une histoire de bijou ancien – une pièce d’orfèvrerie saxonne – qui doit être léguée par sa propriétaire à l'Ashmoleum Museum. Hélas, le bijou disparaît et la généreuse donatrice décède sitôt installée dans son hôtel. Peu de temps après, le directeur des antiquités anglo-saxonnes du musée est retrouvé noyé dans la rivière…

Colin Dexter quitte pour un temps le monde universitaire oxonien et nous entraîne dans celui des prestigieux musées de la cité, avec ses non moins prestigieux conservateurs. Morse serait-il face à une banale affaire d'intérêt et de cupidité ? Pas certain quand il apparaît que plusieurs protagonistes sont unis par des liens assez mystérieux. L’inspecteur se doit donc d’avoir des idées (il n’en manque pas en général) et d’échafauder de belles hypothèses qui se révèlent parfois un peu trop belles. Comme souvent il se trompe mais finit par triompher, ici au cours d'une explication digne d'Hercule Poirot ! Car il y a de l’Agatha Christie chez Colin Dexter, comme le sait le lecteur qui trouvera peut-être son rôle un peu passif : les indices menant à la vérité sont si infimes et si bien dissimulés tout au long du récit, les rebondissements si nombreux, qu’il est vite confiné au rôle de spectateur et de simple témoin de la perspicacité de l’inspecteur.

En plus d’une intrique solide, Bijoux de famille offre surtout un portrait plus précis de Morse (dont on ne connaît toujours pas le prénom), un homme pas toujours aimable qui aime le pur malt (et la bière), Wagner (mais aussi Fauré et Bruckner), les mots croisés (ceux, redoutables, du Times de préférence) et les femmes (parfois vénéneuses). Et qui aime bien également travailler avec le sergent Lewis (sentiment partagé) qui lui apporte le bon sens qui lui fait parfois défaut. Une relation qui s'étoffe au fil des romans.

« Malgré lui, Lewis sourit. Pourquoi il aimait travailler avec cet homme étrange, souvent antipathique, en apparence dépourvu de tout sens de l’humour, et bien, il ne savait pas très bien. Il ne savait même pas s’il aimait cela. Mais sa femme le savait. Car lorsque son mari travaillait avec Morse, Mrs. Lewis reconnaissait dans son regard une curieuse lueur de satisfaction qui n’était pas seulement bonne pour lui, mais également pour elle. Très bonne. » Colin Dexter – Bijoux de famille © 10-18, 1994

Tag(s) : #Les enquêtes de Morse, #Oxford

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