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J’emprunte en partie ce titre à l’une des tables-rondes proposées sur le Pavillon des Lettres d’Afrique lors du Salon du livre de Paris 2017. Si les thèmes choisis par les organisateurs – corruption, magie noire, trafics en tous genres, prostitution, franc-maçonnerie – n’ont pas tous été abordés, le thème récurrent aura été celui de la place de la ville dans les œuvres. On connaissait Le Cap, omniprésente dans les romans de Déon Meyer, Roger Smith, Wessel Ebersohn ou Michèle Rowe, mais aussi Windhoek avec L’heure du chacal de Bernhardt Jaumann et Johannesburg, évoquée dans Les milices du Kalahari de Karin Brynard. A ces valeurs sûres et reconnues du polar sud-africain anglophone, on inclura le Nigérian Leye Adenle et son Lagos Lady (2015) qui donne le rôle principal à la capitale du Nigéria et à ses 12 millions d’habitants.

Le roman policier francophone, moins connu, n’est ni négligeable ni négigé. Parmi les précurseurs citons les Zaïrois (RDC) Désiré Bolya Baenga, auteur de deux romans « ethnologiques » (La polyandre en 1995 et Les cocus posthumes en 2001 parus au Serpent à Plumes) et Achille F. Ngoye dont les qualités romanesques et le style flamboyant lui ont valu les honneurs de la Série noire à la fin des années 1990 (Agence Black Bafoussa, Sorcellerie à bout portant, et Ballet noir à Château-Rouge).Tous ces romans ayant pour cadre Kinshasa bien évidemment mais aussi Paris et ses communautés africaines…

Place aux plus jeunes. J’ai eu l’occasion de dire tout le bien que je pensais de Janis Otsiemi qui promène ses personnages dans Libreville, entre quartiers chics et informels. Son dernier ouvrage, Tu ne perds rien pour attendre (qui inaugure la collection « Sang neuf » chez Plon), confirme son grand talent, même si je regrette un peu la faconde et l’exubérance (et l’amoralité des personnages !) de ses premiers livres publiés chez Jigal  (African tabloïd, La bouche qui mange de parle pas, Les voleurs de lucioles…).

Parmi les découvertes du Salon 2017 citons Florent Couao-Zotti qui, après Notre pain de chaque nuit, fait encore de Porto Novo et de Cotonou (« ville déglingués pour des vies déglinguées ») le décor de La traque de la musaraigne (Jigal), entre roman d’initiation et road-movie échevelé en Afrique de l’Ouest. Exception aux décors urbains, Vol à vif de Johary Ravaloson (Editions Doco vole) porte un regard lucide et donc critique sur les secrets de la campagne malgache face aux dérives mafieuses.

Tag(s) : #Afrique, #Policiers, #Détectives, #Best of!, #Scènes de crime

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