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Départs

Les trois romans de Maurice Attia ayant pour personnage central l’inspecteur Paco Martinez lient destins individuels et grande histoire : les « événements » d’Algérie dans Alger la noire, les liens entre milieu marseillais et activistes politiques en prélude à mai 68 dans Pointe rouge, le Paris des années 70 et l’ébullition du milieu étudiant de Vincennes dans Paris Blues. Du « sud du sud » au sud puis au nord, Martinez, flic intègre sans illusions et sans discours partisan, traîne ses fantômes et ses souvenirs, le cinéma constituant le seul remède à son mal de vivre et à son incapacité à se situer en un lieu précis.

« Ce sont des gens qui ont joué la carte de l’intégration mais qui y ont laissé leur peau aussi, donc quelque soit la carte que vous jouez, on peut y laisser la peau, c’est aussi ce qui détermine le choix de Paco, finalement quelque soit le camp qu’on choisit, autant ne pas choisir, ce n’est pas la peine… » (Interview de M. Attias).

Car au-delà des intriques policières sur fond d’affaires politiques, c’est le thème de l’exil qui est récurrent dans la trilogie : l’exil de Paco vers Alger et le quartier populaire de Bab El Oued avec sa grand-mère catalane après la fuite de sa mère et la mort de son père pendant la guerre d’Espagne, le départ d’Algérie en 1962 pour Marseille où il se liera d’amitié avec un collègue arménien, lui-même petit-fils de réfugiés suite au génocide de 1915, enfin la mutation à Paris pour raisons personnelles.

Ainsi va l’inspecteur Martinez. Profondément ancré dans les villes où il vit, ne fréquentant les quartiers chics que pour les besoins de ses enquêtes – « Après le Barrio Gotico de Barcelone, la Bassetta d’Alger, la Plaine de Marseille, quel territoire me réservait Paris ? Une certitude, je ne me sentirais à l’aise qu’en milieu populaire. » -, il reste plus sensible aux êtres qu’à l’environnement urbain. Et surtout à ce que vivent les gens ordinaires, que ce soit dans la folie d’Alger entre attentats meurtriers et manifestations violentes, dans les quartiers populaires de Marseille alors que monte la colère préludant mai 1968 ou dans Paris et Vincennes que transforment les luttes politiques et la libération sexuelle.

Alger la noire

"L'Algérie est bientôt indépendante, les Pieds-noirs sont en marche pour l’exil...Le pays est plongé dans une guerre fratricide et une haine définitive entre les communautés... Alger la blanche est devenue Alger la noire."

Paco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à ParisPaco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à ParisPaco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à Paris
Paco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à ParisPaco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à ParisPaco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à Paris

Pointe Rouge

"... un petit flic pied-noir débarqué à Marseille par l'histoire."

Paco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à ParisPaco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à ParisPaco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à Paris

Paris Blues

"Chez moi. Un truc que je ne pourrais jamais plus dire. Plus de chez moi epuis un bail,. Marseille avait été une étape, Alger engloutie dans un passé sanglant, Barcelone n’avait jamais laissé de trace… Chez moi… Pour l’instant rue Montorgueil… Les Halles."

Paco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à ParisPaco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à ParisPaco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à Paris
Paco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à ParisPaco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à ParisPaco Martinez, un flic pied-noir d'Alger à Paris

Parlez-moi de Paco.
Un petit Espagnol de la Bassetta qui rêvait de devenir un flic exemplaire et qui est devenu un flic cinéphile, encombré de culpabilité et d’une loyauté sans faille, un vieil amant qui sait encore me désirer, un salaud qui préfère l’étreinte du coma à la mienne.

Maurice Attia – Pointe rouge © Actes sud 2007

Chez Actes Sud

  • Alger la Noire (2006)
  • Pointe Rouge (2007)
  • Paris blues (2009)

Chez Casterman

  • Alger la Noire par Jacques Ferrandez
Tag(s) : #Policiers, #Paris

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