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Pas facile de mener une enquête à Windhoek, en Namibie. L’inspectrice Clemencia Garises - l'héroïne Damara de deux romans de Bernhard Jaumann, dont L'heure du chacal - déterminée et bien formée aux méthodes modernes de la police, en sait quelque chose : pas de véhicule disponible en général, collègues aux compétences approximatives, méfiance des autorités lorsque un crime prétendument crapuleux prend soudain une dimension politique.

Qui plus est, quand on vit à Katutura, le township où s’entassent près de 150 000 personnes de toutes ethnie - noires bien sur, les blancs sont mieux lotis - dans des conditions plus que précaires et que l'on doit doit subvenir aux besoins d'une famille très présente pour ne pas dire envahissante, il n’est pas facile de se rendre rapidement à son travail ou sur une scène de crime. Dans une ville où l’on ne marche guère du fait des distances et de la chaleur, et aussi de l’insécurité grandissante, même pour un flic, il faut compter sur le bon vouloir des taxis, quand il y en a.

"Elle prit ensuite elle-même un taxi jusqu’au quartier général, dans Bahnhof street. Comme aucun de ses collègues des homicides n’était encore arrivé, elle put emprunter une des voitures de service en état de marche et au réservoir plein pour se rendre à Ludwigsdhorf. " Bernhard Jaumann - L'heure du chacal © Editions du masque 2013 

Windhoek est très présente dans L'heure du chacal,  ordonnée et organisée comme peu de villes africaines le sont. De son passé allemand, elle a gardé bâtiments historiques et églises luthériennes, de la période sud-africaine, la séparation entre quartiers chics ombragés par les jacarandas et townships misérables, source de relations complexes pour ne pas dire conflictuelles entre communautés. Animée le jour, Windhoek se vide dès la tombée de la nuit (c'est à dire tôt) alors que chacun rentre chez soi, qui derrière la protection toute relative de ses grilles électriques et de ses vigiles, qui dans la poussière de Katutura et le bruit de ses shebeen, les bars plus ou moins clandestins. Quant à Clemencia, elle se résigne à la vie dans le township, en espérant pouvoir un jour s’installer dans un quartier plus agréable et moins mouvementé. Alors, elle fait son travail, et elle le fait bien.

Tag(s) : #Policiers, #Afrique

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